Etude de cas : L’université de Versailles Saint-Quentin
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Etude de cas : L’université de Versailles Saint-Quentin

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Priorité à l'employabilité

Problématique

Quelques dizaines ? Quelques centaines ? Sur les 16 000 étudiants de l’Université de Versailles Saint-Quentin (UVSQ), rares sont ceux qui, au début des années 2000, considèrent que les cours de langue sont utiles pour trouver un emploi. «Un paradoxe à l’heure où l’on demande aux scientifiques de publier dans des revues internationales, et aux cadres d’entreprise de s’exprimer parfaitement devant leurs collègues d’autres pays ! » remarque Laurent Bazin, maître de conférences à l’Université.
Il faut dire qu’à l’époque les modalités d’enseignement ne favorisent ni l’amélioration des compétences linguistiques, ni la valorisation des acquis : les étudiants ne sont ni évalués à leur arrivée, ni regroupés par niveaux. Aucun objectif ne leur est par ailleurs fixé en matière de langue, et les seules indications qu’ils puissent mentionner sur leur CV sont des variations du fameux « Lu, écrit, parlé ». Pas étonnant qu’ils aient du mal à faire le lien entre cours d’anglais, d’espagnol ou d’allemand et emploi…

Réponse

Chargé en 2008 d’une mission d’audit sur l’enseignement des langues au sein de l’UVSQ, Laurent Bazin tire rapidement les conclusions d’un tel constat. Les formations sont trop hétérogènes selon les filières? En juin 2009 l’Université crée l’Institut des Langues et des Etudes internationales (ILEI), chargé de coordonner et d’harmoniser les enseignements linguistiques.
Les modalités pédagogiques ne favorisent ni la progression des niveaux ni la valorisation des acquis ? Il est décidé que les étudiants seront systématiquement évalués à leur arrivée et répartis dans des groupes de compétences, indépendamment de leur spécialité. Le dispositif, aujourd’hui en test, sera étendu à l’ensemble des composantes. Des groupes de travail sont également formés pour définir les grilles de niveaux à atteindre, selon les filières et les métiers, en adéquation avec le Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL). Cet immense travail devrait être achevé en 2011. C’est le test TOEIC qui a été choisi pour évaluer les étudiants au moment du diplôme. « Les scores obtenus à ce test, inscrits sur le CV, sont reconnus par les entreprises du monde entier » explique en effet Laurent Bazin.
Les salariés, demandeurs d’emploi et populations nouvellement immigrées, enfin, ne sont pas oubliés : en partenariat avec les collectivités locales des Yvelines, l’ILEI créé plus de 500 formations à leur attention, en quatre ans. Un projet à l’attention des lycéens des Zones d’Education prioritaire, intitulé « Passeport pour le monde », est même mis en place, avec le soutien du rectorat de Versailles : des élèves de Terminale sont invités à suivre des stages de langues hors temps scolaire à l’UVSQ et à passer le TOEIC Bridge au bout d’un an...

Résultats

Dès 2010, la plupart des étudiants connaissent leur niveau cible en matière de langue (B2, C1 etc.). Motivant. Pour l’instant, seules les filières « ingénieurs » et « sciences de gestion » imposent de valider ce niveau pour obtenir leur diplôme. « Mais l’idée est que cela devienne l’usage, sinon la règle, à moyen terme, explique Laurent Bazin. Les formations à l’attention des publics extérieurs sont elles aussi un succès : 40% des personnes concernées sont des demandeurs d’emploi en 2010, et si 50 lycéens issus de ZEP avaient participé au projet « Passeport pour le Monde » en 2009, ils sont plus de 500 un an après. « Le fait de passer le TOEIC Bridge et d’obtenir un certificat, quel que soit leur niveau, est un excellent moyen pour redonner confiance à ces jeunes » explique Laurent Bazin, qui va recevoir des subventions publiques pour élargir le projet.

Prochain objectif ? « Faire de l’UVSQ une université bilingue » affirme le directeur de l’ILEI. En clair : se doter de collaborateurs capables d’enseigner leur discipline en anglais et d’exercer leur profession à l’international.Un programme pilote de formation continue a déjà été lancé. Parce que les enseignants chercheurs aussi sont concernés par l’employabilité…